Comment notre eau potable est-elle réellement obtenue et quel parcours suit-elle avant d'arriver à notre robinet ?
Le cycle de l'eau expliqué simplement
Notre système d'eau potable peut être comparé à un cycle sans fin. Environ 70 % de la surface de la Terre est recouverte d'eau. Le cycle commence par l'évaporation de cette eau, présente dans les mers, les lacs et les rivières. Ce processus entraîne le stockage de l'eau dans l'atmosphère terrestre, autrement dit la formation de nuages. De là, elle retourne à la surface de la Terre sous forme de pluie, de neige ou de grêle. Une fois au sol, l'eau de pluie ou de fonte des neiges s'infiltre dans la terre. L'eau atteint alors la nappe phréatique. Les stations de traitement des eaux, par exemple, peuvent ensuite pomper cette eau souterraine et, après traitement, l'injecter dans notre réseau d'eau potable. Enfin, l'eau souterraine retourne aux océans par reflux, et le cycle peut recommencer.
En Suisse, notre eau potable provient de diverses sources et nous parvient ensuite grâce à un vaste réseau de distribution. Environ 40 % de notre eau potable provient de sources, principalement situées dans les Alpes et le Jura. 40 % supplémentaires proviennent de nos réserves d'eau souterraine, qui totalisent environ 50 milliards de mètres cubes en Suisse. Celles-ci se trouvent principalement sur le Plateau suisse. Les 20 % restants proviennent des lacs, qui constituent de vastes réservoirs d'eau.
Lors du prélèvement d'eau potable à la source, l'eau de pluie s'infiltre d'abord dans le sol. Elle traverse différentes couches de terre où elle est filtrée naturellement. Ensuite, elle s'écoule horizontalement le long de couches d'argile ou de roche. Contrairement aux eaux souterraines, elle ne nécessite donc généralement aucun traitement supplémentaire. Cette eau de source est ensuite acheminée par un tuyau d'infiltration vers des chambres de puits souterraines. Là, le sable et les autres particules fines sont filtrés et stockés dans un réservoir.
Les eaux souterraines, quant à elles, se forment lorsque l'eau de pluie s'infiltre dans les couches de sol imperméables et s'y accumule. De là, elle est pompée directement dans des réservoirs d'eau souterraine par des puits. Lorsque le réservoir est plein, l'eau déborde et alimente notre réseau d'eau potable.
En Suisse, la qualité de l'eau du robinet est excellente grâce à un système complet de protection des ressources en eau. Ainsi, un tiers de notre eau potable est directement injecté dans le réseau. Un autre tiers subit une filtration en une étape avec ozone ou rayonnement UV et chloration. Le dernier tiers fait l'objet d'un traitement en plusieurs étapes. Notre eau potable peut être traitée de diverses manières, notamment par désinfection ou filtration.
L'objectif de la désinfection est d'éliminer les germes et les bactéries. Dans les petites stations de traitement d'eau potable, la désinfection est généralement effectuée par rayonnement UV. Les grandes stations, quant à elles, ont tendance à utiliser l'ozone et le chlore. Cette méthode de traitement étant la plus simple, elle est aussi la plus répandue en Suisse.
En Suisse, nous comptons une trentaine de stations de traitement des eaux lacustres qui transforment les eaux de surface en eau potable. L'eau est pompée à une profondeur de 30 mètres vers ces stations. Elle y traverse différents filtres, tels que des filtres rapides et des filtres à charbon actif. Ce processus de filtration élimine les germes et les algues présents dans l'eau et la désinfecte à l'ozone. Enfin, l'eau est désacidifiée et du chlore y est ajouté. Une fois traitée, l'eau lacustre est injectée dans notre réseau de distribution d'eau potable.
Lors de la filtration, notre eau potable passe successivement par différents procédés de filtration. On distingue trois options : la filtration rapide, la filtration lente et la filtration membranaire.
Lors d'une filtration rapide, l'eau traverse une couche de sable de quartz. Ce procédé vise à séparer diverses particules présentes dans l'eau. Il est similaire à la filtration naturelle de l'eau de source, qui s'écoule à travers différentes couches de sol et est ainsi purifiée.
En filtration lente, les grains de sable sont plus fins, ce qui explique le débit plus lent de l'eau. C'est de là que vient le nom de cette méthode. Ce traitement permet d'obtenir une eau parfaitement pure.
La filtration membranaire ne nécessite pratiquement aucun produit chimique et est la méthode de traitement la plus respectueuse de l'environnement. L'eau est forcée à travers différentes membranes d'ultrafiltration. Bien que les germes et les bactéries ne soient pas détruits, ils sont complètement séparés de l'eau.
Bien sûr, d'autres solutions existent. L'une d'elles consiste à recharger les nappes phréatiques : l'eau s'infiltre dans le sol, traverse différentes couches et est filtrée naturellement. Une autre option est de désacidifier l'eau en y ajoutant des hydroxydes et de la soude, afin de rétablir un pH équilibré.
En Suisse, la quasi-totalité des foyers et des sites industriels ont accès à l'eau potable en permanence. Ce service est assuré par environ 2 500 entreprises de distribution d'eau. Leur objectif est de fournir de l'eau potable même en cas d'urgence et de garantir aux sapeurs-pompiers un approvisionnement suffisant en eau pour la lutte contre les incendies.
L'eau potable suisse est d'une très grande qualité. Elle est le fruit d'années d'investissements et de conflits liés à son utilisation. Diverses mesures sont mises en œuvre pour préserver cette qualité à l'avenir.
D'une part, les fournisseurs d'eau doivent contrôler régulièrement la qualité de l'eau. D'autre part, ils ont également l'obligation d'informer. Cela signifie qu'ils doivent publier leurs données à tout moment si la demande est formulée.
De plus, les laboratoires cantonaux effectuent des prélèvements aléatoires réguliers. Par ailleurs, la recherche continue garantit l’amélioration durable de la qualité de nos eaux. Aujourd’hui, nos instruments d’analyse sont si performants qu’il est possible de détecter même un simple morceau de sucre dissous dans le lac de Constance. Ces analyses précises nous permettent d’intervenir rapidement et efficacement.
La Suisse figure parmi les pays où la consommation de pesticides est la plus élevée. En raison des fortes précipitations, les pesticides peuvent constituer une menace importante pour nos cours d'eau. Afin de lutter contre ce problème, les pesticides sont interdits dans les zones protégées autour des sources d'eau potable. À l'avenir, il est prévu de promouvoir des méthodes alternatives de protection des plantes.